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Sir Francis Bacon

Si l’on demandait aux gens de définir comment fonctionne la science, la plupart répondraient qu’elle se base sur la « méthode expérimentale », qui consiste à baser toute théorie sur l’expérience. L’idée répandue, qui date de Francis Bacon au 17e siècle, est que la science part d’observations empiriques, formule une théorie et la vérifie ensuite par l’expérience. Qu’en est-il vraiment ?



L’inductivisme naïf

Description

Selon cette conception, toute théorie scientifique doit être construite exclusivement à partir d’observations empiriques. L’observation d’un certain phénomène dans la nature fournit ce qui sera désigné comme un « énoncé d’observation ». Un tel énoncé est dit « singulier » car il ne fait référence qu’à un événement précis et isolé dans le temps et l’espace.

Exemple : « Ce matin à 10h25, une pomme rouge est tombée à cet endroit de mon jardin. »

Un tel énoncé est censé faire référence à un événement empirique objectif. Sa véracité peut s’évaluer simplement par une observation attentive de la nature.

Sous certaines conditions, l’inductivisme naïf estime que l’on a le droit légitime de généraliser ces énoncés d’observation en une loi théorique. L’énoncé d’une telle loi est dit « universel » car il fait référence à la totalité des événements, en tous temps et tous lieux, soumis au phénomène décrit par la loi. Les conditions pour cette généralisation sont essentiellement les suivantes :

  1. Le nombre d’énoncés d’observation [à la base d’une généralisation] doit être élevé.

    Exemple : Soit l’unique énoncé d’observation suivant : « Hier à 14h10, une météorite s’est écrasée à l’endroit X. » Clairement, il serait peu pertinent d’en tirer une loi telle que « tous les jours à 14h10, une météorite s’écrase à l’endroit X ». Il faut au moins que ce phénomène soit observé de manière répétitive sur une durée suffisamment longue.

  2. Les énoncés doivent être obtenus à partir d’observations faites dans une grande variété de conditions empiriques.

    Exemple : Supposons que l’on ait une série d’énoncés d’observations certifiant que tous les ours d’Alaska sont bruns. Il serait erroné d’en tirer la loi que « tous les ours sont bruns ». En effet, il existe des ours blancs vivant dans les régions arctiques. Pour obtenir une loi sur la couleur du pelage des ours, il faut en observer le plus possible, et au moins dans divers lieux naturels.

  3. Tous les énoncés d’observation doivent être cohérents avec la loi censée les généraliser, c’est-à-dire qu’ils doivent en constituer des cas particuliers.

    Exemple : Imaginons que l’on étudie la couleur du plumage des cygnes. Si l’un des énoncés d’observation fait référence à un cygne noir, la loi que « tous les cygnes sont blancs » ne peut évidemment pas être une généralisation acceptable.

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